1. Configuration physique

1.1. Monofilament

– Un fil de suture monofilament est constitué d’un seul brin

– Cet type de fil  ne présente pas d’effet capillaire ou de micro-dépressions susceptibles d’héberger des micro-organismes, et pour ces raisons est plus fiable en milieu contaminé.

– Il présente résistance réduite au passage à travers les tissus.

– L’écrasement ou le sertissage de la suture peut l’entailler ou l’affaiblir et entraîner une défaillance indésirable et prématurée de la suture

– Il présente une mémoire de forme et peut être plus difficile à manipuler et à nouer et des boucles supplémentaires sont recommandées par rapport à un nœud réalisée avec un fil tressée.

– Peuvent être non-résorbables, (exemple nylon – Ethilon) ou résorbables (exemple poliglécaprone 25-Monocryl).

1.2. Tressée

– Un tressée est constitué de plusieurs brins tressés

– Présente une résistance à la traction et à la compression  et à la rupture supérieure au monofilament

– Plus traumatique pour les tissus qu’un monofilament et il présente une certaine capillarité qui permet la migration des micro-organismes avec les fluides le long de la suture

– De même, l’utilisation de fils tressés pour la suture de peau est associée avec une plus grande inflammation et permet aux bactéries de migrer de l’extérieur vers l’intérieur de la plaie

– Le fil tressé peut produire des micro-traumas tissulaires et les tissus fragiles sont à éviter

– Ce type de fil ne présente pas mémoire de forme et présente une tenue de nœud supérieure à celle d’un monofilament

2. La résistance à la traction du fil

– La résistance à la traction est définie comme le poids requis pour rompre le fil divisé par sa section transversale. La désignation est le nombre de zéros (1-0 à 10-0) : plus la taille est petite, plus la force est faible

– La résistance du fil dépend de son diamètre : à matériau égal, la résistance augmente avec le carré du rayon de la suture : en doublant le diamètre de la suture, donc en doublant son rayon, on multiplie sa résistance à la traction avant rupture par 4, en la triplant, par 9

3. La perte de résistance à la traction d’un fil de suture

-C’est une mesure du temps nécessaire pour que le matériel de suture perde 70 à 80 % de sa résistance initiale.

-La résistance à la traction initiale est la tension nécessaire pour casser le fils de suture

-Ca se traduits par la solidité du fil

4. La résistance du nœud

– Représente la force nécessaire pour faire glisser un nœud et est directement proportionnelle au coefficient de frottement du fil (elle est liée au coefficient de friction statique et à la plasticité du fil).

5. La résistance à la traction du nœud

– Représente la résistance à la rupture du matériau de suture nouée (10 à 40 % plus faible après déformation par le placement du nœud)

6. Élasticité et mémoire

6.1. L’élasticité

– Représente la capacité intrinsèque du fil de suture de conserver sa forme et sa longueur d’origine après le retrait de la force de tension.

– La propriété élastique du fil doit compenser la tension à laquelle le bord de la plaie est souvent exposé mais le fils de suture doit être suffisamment rigide pour maintenir fermement le nœud en évitant le relâchement.

6.2. La mémoire

– Représente la capacité inhérente d’un fil de suture de reprendre sa forme initiale après avoir été manipulé, et est souvent le reflet de sa rigidité.

7. La composition des fils

7.1. Fils de suture d’origine naturelle

– Ils ont à la base des fibres naturelles (soie ou catgut).

– Ils sont moins fréquemment utilisés, car ils ont tendance à provoquer une réaction tissulaire plus importante.

– La soie est régulièrement utilisée dans la fixation des drains chirurgicaux

7.2. Fils de suture de synthèse

– Offrent une plus grande uniformité, résistance à la traction et sécurité de la plaie, une durée de soutien plus longue pendant la cicatrisation et provoquent moins de réponse inflammatoire

8. La résorption d’un fil de suture

– Se produit par la dégradation enzymatique dans les matériaux naturels et par hydrolyse dans les matériaux synthétiques.

8.1. La protéolyse (dégradation enzymatique) est la décomposition des protéines en polypeptides ou acides aminés plus petits qui sont catalysée par des enzymes cellulaires (protéases) ou peut se produire par digestion intramoléculaire. Par exemple un fil suture qui nécessite une protéolyse est le Catgut.

8.2. L’hydrolyse est la réaction chimique dans laquelle une molécule d’eau rompt une ou plusieurs liaisons chimiques qui ne nécessite pas des catalyseurs. L’hydrolyse provoque moins de réactions tissulaires que la dégradation enzymatique. Par exemple un fil suture qui nécessite une hydrolyse est le polydioxanone (PDS)

Resorbable

            Synthétique : Monocril, PDS, Vycril

            Naturel : Catgut

Non-resorbable

            Synthétique : Ethilon, Prolene

            Naturel : Silk, Acier, Cotton

9. Réaction tissulaire

– Le fils du suture ne doit pas provoquer une lésion tissulaire ou une réaction tissulaire minimale (non électrolytique, non capillaire, non allergène et non cancérigène)